Pardonnez-moi le titre quelque peu anglophone, mais il me restera longtemps en mémoire, à l'image d'une chaude caresse qui s'offre, qui se donne, repart puis revient pour se donner encore. Ce doux amour qui va et qui vient se prénomme Jeanne. Toute la soirée, dame Jeanne nous a littéralement ensorcelés, envoûtés. Il y a en elle tant de joie de vivre, de bonté et d'amour que cela transparaît sans qu'elle y puisse quoi que ce soit. À un moment, au cœur d'une musique douce et agréable, alors que tout était calme, que tout semblait parfait, elle s'est mise à fredonner en retournant aux cuisines, " …falling in love…"; tout est devenu romance, le temps s'est arrêté, les soucis ont pris la poudre d'escampette, une paix divine s'est alors installée pour la durée du repas et jamais elle ne devait être troublée.

Je ne sais pas si elle est consciente de toute cette bonté qui se dégage de son être, mais il faut considérer comme un privilège, et non comme un droit, le fait de pouvoir prendre place au Madrigal. L'endroit semble si petit de l'extérieur, on dirait une petite maisonnette, mais est si vaste, qu'il faut y pénétrer pour bien comprendre le subterfuge.

Claude Massé (époux de Jeanne) règne sur la cuisine, les poêles et les chaudrons. C'est sa chapelle; c'est de là qu'il nous communique sa joie de vivre, sa chaleur et son amitié. Dans ses plats se retrouvent amour, tendresse et chaleur. Les mêmes que l'on observe chez Jeanne et qui transparaissent dans chaque parcelle de décoration. C'est l'unité qui est extraordinaire au Madrigal, c'est le bonheur de faire partie d'un tout.

 


De ma vie je n'avais jamais goûté du magret de canard fumé; tout simplement succulent, sublime, à l'image de tout le repas. Il faut apprécier d'ailleurs le repas tout en crescendo, où les saveurs, les fumets sont d'abord délicats, pour ensuite, progressivement, prendre du corps. Ce qui a pour résultat de maintenir un état de contentement paradisiaque. En entrée nous avons eu également une salade balsamique au chèvre et amandes grillées qui était bien relevée, excellentes prémices aux aiguillettes de canard de Brome qui allaient suivre. Le canard fut cuit avec la plus grande délicatesse qui soit. J'insiste sur la finesse et la justesse de la cuisson, car c'est à cela que l'on reconnaît les bons chefs. Les assiettes étaient superbement montées, non pas en tape à l'œil, mais en douceur, avec charme, son charme personnel. Car M. Massé est un homme tout à fait charmant et des plus agréables; J'aurai grand plaisir à le revoir. Je ne peux passer sous silence son excellent saumon nappé d'une sauce à l'oseille qui mettait en valeur le saumon, en rehaussait le goût sans lui voler la vedette.

Le Madrigal c'est également une auberge de onze chambres. Les planchers de bois, les boiseries et les meubles (fabriqués par M. Massé) sauront assurément vous charmer. Je ne saurais que vous recommander fortement cet endroit magique, hors du temps et à l'ambiance chaleureuse.
Rens. :46, bou. Bromont à Bromont, (450) 534-3588